Deux Fanfares ont égayé mon enfance et ma jeunesse. Comme de nombreux jauchois, je n’aurais manqué pour rien au monde les “concerts” que donnaient chaque année nos deux cercles musicaux et dramatiques.
Ces fameux concerts étaient à la fois une prestation musicale de la fanfare généralement composée de trois morceaux suivis d’une série de chansons chantées par des gens du village et accompagnées au piano souvent renforcé d’un violon, d’un accordéon ou d’un bombardon qui rythmait la mesure.
Ces deux fanfares s’appelaient, l’une “Fanfare Royale Les Fanfares” et pour les gens du village, “Société de l’Ecole”, parce qu’elle avait son local dans l’ancienne école de la place de la Roulette, et l’autre, “Fanfare Royale Les Amateurs” et pour les gens, “Société des Sarton” parce que son premier local était le café Sarton situé sur la place de la Liberté (la maison est toujours la propriété de J.J. Sarton et c’est dans son livre Activités jauchoises de jadis que j’ai puisé l’histoire des deux fanfares). Personnellement, je n’ai jamais connu ce café en activité. J’ai toujours connu le local de la Fanfare “Les Amateurs” au café Mélard situé au coin de la grand-place. Avant de venir au café Mélard, la Fanfares “Les Amateurs” répétaient dans une dépendance située à l’arrière du n°15 actuel de l’avenue A. Drossart.
Elles ont participé pendant ¾ de siècle à toutes les joies du village: kermesses, processions et autres fêtes, mais aussi à nos deuils: enterrements de leurs membres et des anciens combattants des deux guerres.
La Fanfares des Ecoles débuta en 1878 sous la présidence de M. Charles de Hemptinne qui lui fit don de son premier drapeau. Elle compta bientôt 45 musiciens et 125 membres honoraires. Grâce aux archives de M. Louis Voste, nous connaissons le comité de 1912:
- Président: Jean Loze
- Vice-Président: Olivier Minsart
- Secrétaire-Trésorier: Louis Vostes
- Commisaires: Charles Guillaume, Léon Routiaux, Camille Martin, Célestin Mottoulle, Louis Foriers et Clément Demolon.
Nous connaissons également le nom des chefs de musique qui se sont succédés au pupitre de direction: Léonard Berger de Lincent, Octave Dieudonné de Marilles, Lucien Dieudonné, Edmond Moyens, Maurice Bastaits et Léon Jonckers.
Le dernier comité de la Fanfares des Ecoles se composait de: Olivier et Louis Minsart, Louis Voste, Marcel Courtin, Louis Fréson, Camille Boton, René Courtoy, Julien Paquay et Victor Doneux.
Après avoir existé durant quelques mois comme chorale, une seconde fanfare voit le jour en 1879 et ses fondateurs sont: Joseph Biston, Florent Froment, Hippolyte Lesquoy, Louis Charlier, Octave Malaive, Jean-Baptiste Meunier, Emile Ramoisy et Victor Sarton. “Les Amateurs” furent dirigés succèsivement par M. Socquet de Jodoigne, Jules Vrancken d’Orp, Louis Goffin de Jauche et Auguste Houart de Folx-Les-Caves. En 1906 et pendant un demi siècle, le talentueux et sympathique Florent Biston monte au pupitre de direction. Quand la fanfare sortait, on le voyait diriger d’une main et jouer du piston de l’autre. Ses frères Joseph, Louis et Emile faisaient également partie des musiciens.
En 1955, la Fanfare “Les Amateurs” perd son président d’honneur Lucien Pirsoul. Georges Sarton et ensuite Raymond Defoer lui succédèrent. A cette date, la fanfare est composée comme suit:
- Chef de musique: Florent Biston
- Trompette: Camille Demolon, Guy Doneus et Louis Hamende
- Bugle: Emile Leloux et Léon Renard
- Alto: Louis Courtoy
- Bugle solo: Joseph Courtoy, Forent Demolon, Léon Flament, Désiré Lheureux et André Renard
- Basse: Emile Biston, Ghislain Doneux, Jules Isats et Léon Volant
- Baryton: Gustave Leloux
- Grosse caisse: Fernand Boucher avec come porteur Jules Hamende
- Petite caisse: Paul Hoc et Albert Verhelst
- Porte drapeau: Daniel Moinié.
Les deux guerres ont mis nos fanfares en veilleuse, mais après chacune d’elles, elles renaissaient avec plus d’entrain et allaient participer à des festivals dans tout le pays; festivals où ils décrochaient les plus beaux prix.
Je me permets de raconter ici un souvenir personnel: le 8 mai 1945, c’état une belle journée de printemps et c’était surtout la fin de la guerre. A peine la nouvelle fut-elle connue, que dans un mouvement spontané, des musiciens, membres des deux fanfares, sans aucune barrière entre eux se sont mis à parcourir les rues du villages et ont entrainé la population derrière eux. Les gens dansaient dans les rues, formaient des rondes et chantaient à tue-tête la paix et le bonheur retrouvés.
Malheureusement, par suite de décès, les rangs se sont éclaircis et de nombreuses distractions qui se sont présentées après 1945 ont écarté la relève. De plus en plus, lors d’une sortie, il fallait aller chercher du renfort à l’extérieur du village.
Devant cette situation, notre mayeur de l’époque, Willy Ghenne, fusionna les deux fanfares en 1966 qui prirent le nom de “Union des Fanfares Royales de Jauche” sous la direction de M. Albin Martin. Cette initiative fut éphémère et le rideau tomba définitivement. Il fallut attendre les années 80 pour voir renaître une fanfare à Jauche.
“Les Fanfares de Jauche” ont été fondées en 1983. Le nom “Fanfares” fut donné par respect du passé.
La version actuelle des Fanfares a connu plusieurs comités différents ainsi que plusieurs chefs. Cependant, l’un des membres fondateur, M. Adelin Hanquin, est toujours membre actif du comité des Fanfares de Jauche mais également de plusieurs autres organes de promotion de la pratique de la musique amateur.
Cette société compte 35 musiciens actifs et, depuis 1999, une école de musique sous la direction de professionnels.
Nous participons à plus ou moins 25 prestations par an, par exemple des carnavals, concert animations, etc…